Apprenez la règle islamique sur la question de savoir si les morts peuvent entendre les vivants. Preuves tirées du Coran, de la Sunna et de la compréhension des pieux prédécesseurs expliquant l’interdiction générale et les exceptions spécifiques.
Toute louange parfaite revient à Allah, Seigneur des mondes. J’atteste qu’il n’y a aucune divinité digne d’être adorée en dehors d’Allah, et que le Prophète Muhammad ﷺ est Son serviteur et Messager.
L’une des questions relatives à l’invisible (al-ghayb) est l’état du défunt dans la tombe et la question de savoir s’il peut entendre les vivants. C’est une question qui ne peut être connue que par la révélation, et le musulman doit s’en tenir strictement au Coran et à la Sunna authentique telle que comprise par les pieux prédécesseurs.
Principe général : les morts n’entendent pas les vivants
Le fondement de cette question dans le Coran est que les morts n’entendent pas au sens normal et réactif qui leur permettrait de profiter ou d’interagir.
“En vérité, tu ne peux pas faire entendre les morts.”
Coran, Sourate An-Naml 27:80
“Tu ne peux donc pas faire entendre les morts.”
Coran, Sourate Ar-Rum 30:52
Ces versets établissent un principe clair : de même que les morts physiques ne peuvent bénéficier de la guidance après la mort, ils n’entendent pas non plus l’appel des vivants d’une manière qui permette une réponse ou un bénéfice.
Allah dit également :
“Tu ne peux pas faire entendre ceux qui sont dans les tombes.”
Coran, Sourate Fatir 35:22
Al-Imam Ibn Kathir (qu’Allah lui fasse miséricorde) a expliqué qu’il s’agit d’une parabole montrant que tout comme les morts ne peuvent pas entendre, ceux qui sont spirituellement morts dans la mécréance ne bénéficient pas non plus de la guidance.
Comprendre le sens de « entendre » dans le Coran
Les savants des Ahlus-Sunnah expliquent que la négation de l’audition se réfère à l’audition normale et habituelle qui mène à la compréhension et à la réponse. Cela ne nie pas toute forme possible de perception, car des exceptions peuvent se produire par la volonté d’Allah.
Cheikh al-Islam Ibn Taymiyyah (qu’Allah lui fasse miséricorde) a expliqué que le principe d’origine est la non-audition, et que tout ce qui va à l’encontre doit être établi par une preuve authentique.
Exceptions mentionnées dans la Sunna
Bien que la règle générale soit claire, il existe des cas spécifiques dans la Sunna authentique où Allah a fait entendre la parole à certains morts.
1. Les gens de Badr
Il est rapporté de manière authentique que le Prophète Muhammad ﷺ a parlé aux chefs tués de Quraysh après la bataille de Badr.
Le Prophète Muhammad ﷺ se tint devant les corps de ceux qui avaient été tués à Badr et dit :
“Avez-vous trouvé vrai ce que votre Seigneur vous avait promis ? Car j’ai trouvé vrai ce que mon Seigneur m’a promis.”
On lui dit : “Parles-tu à des corps morts ?” Il répondit : “Vous n’entendez pas mieux qu’eux, mais ils ne peuvent pas répondre.”
Sahih al-Boukhari, 3976 ; Sahih Muslim, 2875
Les savants expliquent qu’il s’agissait d’un cas exceptionnel rendu possible par Allah, et non d’une règle générale selon laquelle les morts entendent normalement.
L’imam Ibn Hajar al-Asqalani (qu’Allah lui fasse miséricorde) a expliqué que cette audition était un événement spécial et ne contredit pas le principe coranique de la non-audition générale.
2. Entendre les pas de ceux qui repartent après l’enterrement
Le Messager d’Allah ﷺ a dit :
“Lorsque le défunt est enterré et que ses compagnons s’éloignent, il entend le bruit de leurs sandales.”
Sahih al-Boukhari, 1338
Cela indique une forme très spécifique et limitée d’audition immédiatement après l’enterrement, et non une conscience continue des vivants.
Comment les pieux prédécesseurs ont concilié les preuves
Les savants des Ahlus-Sunnah ont concilié ces textes en affirmant que :
- La règle par défaut est que les morts n’entendent pas les vivants.
- Les cas spécifiques n’ont lieu que par la volonté d’Allah et constituent des exceptions.
- Ces exceptions n’établissent pas une capacité générale des morts à entendre ou à répondre.
Cheikh Ibn Baz (qu’Allah lui fasse miséricorde) a clarifié que les défunts n’entendent pas les paroles ordinaires, et que ce qui est rapporté comme exceptions est limité à ce qui est authentiquement prouvé et ne s’étend pas au-delà de son contexte.
Les morts entendent-ils les salutations sur les tombes ?
Il est établi que lorsqu’une personne visite les tombes et fait le salam, le salut est transmis d’une manière qu’Allah veut, et les défunts en sont conscients d’une manière appropriée à la vie du Barzakh. Cependant, cela ne signifie pas qu’ils entendent toute parole ou qu’ils peuvent répondre.
Le Prophète Muhammad ﷺ a enseigné :
“Que la paix soit sur vous, ô habitants des tombes, croyants et musulmans. En vérité, nous vous rejoindrons, si Allah le veut.”
Sahih Muslim, 975
Distinction importante : entendre vs bénéficier
Même dans les cas où une certaine forme d’audition est affirmée, les savants soulignent que les morts ne peuvent pas bénéficier de ce qu’ils entendent à moins qu’Allah ne veuille une exception spécifique. La règle générale reste que le temps de l’action et de la réponse a pris fin avec la mort.
Conclusion
La croyance correcte selon le Coran, la Sunna et la compréhension des pieux prédécesseurs est que les morts n’entendent pas les vivants au sens normal, général ou réactif.
Des exceptions n’existent que dans des cas spécifiques établis par des preuves authentiques et ne doivent pas être généralisées.
Le musulman évite donc de fonder des croyances ou des pratiques sur l’hypothèse que les morts peuvent entendre toute parole ou toute demande, et s’en tient strictement à la révélation.
Et Allah sait mieux.
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